sniper élite

Publié le par franky

Le saviez-vous ? Il y a cinquante ans se terminait en Europe et dans le monde un conflit dont l’ampleur n’a, à ce jour, pas encore été égalée. Un conflit armé, qui a touché l’humanité dans ce qu’elle avait de plus cher, la renvoyant sur les bancs de l’école après une sévère punition en vies humaines. Ce conflit, on l’a appelé la deuxième Guerre Mondiale. Et depuis quelques années, c’est devenu le filon porteur de nombreux développeurs de jeux de par le vaste monde. Sniper Elite est de ceux-là. Mais se situe-t-il dans la bonne moyenne ? Est-il vraiment différent des autres ? Faut-il le bouder comme un collabo et en raser les concepteurs ? Procédons par ordre. Car c’est bien connu : en cas de conflit, l’ordre et la discipline sont des alliées fidèles. Non ? Ah bon…

Vous incarnez un jeune soldat américain qui, avant que n’éclate la guerre, a été bassiné de culture allemande et qui connaît Berlin comme sa poche. C’est pour cela que l’OSS, les services secrets militaires, a fait appel à vous afin de contrer un complot se tramant dans la capitale allemande, déjà sous le feu de l’aviation alliée. Votre ennemi ? Ah non, pas les Allemands, désolé. Ce sont les Russes. Et c’est là que le jeu commet un impair ou, du moins, frôle le politiquement incorrect. On le sait, c’est à Berlin qu’a commencé la Guerre Froide. Se regardant en chiens de faïence, Américains et Russes, unis contre les nazis mais rivaux pour tout le reste, ont longtemps hésité avant de considérer qu’ils ne se mangeraient pas la tête les uns des autres.

Mais cela laissait une promesse en suspend : on reste chacun sur ses gardes et on veillera à ce que l’autre ne tente rien pour accroître son emprise sur le monde. Les deux blocs venaient de naître, de part et d’autre du mur de la Honte. Bon, c’est rapidement résumé et votre mission prend place avant la signature de ce traité de paix relative. L’OSS, donc, a appris que les Russes voulaient s’emparer de la bombe atomique des Allemands (qui n’était d’ailleurs pas du tout au point puisque ce sont les USA qui ont terminé cette course à l’armement les premiers). Votre mission : les en empêcher à tout prix. Là où les limites de l’acceptable se rapprochent, c’est que vous jouerez quasiment le même jeu que les Allemands : dans un Berlin à feu et à sang, vos ennemis portent l’étoile rouge, pas la croix gammée. Ce qui peut prêter à confusion.

Mais cette mise en garde faite, intéressons-nous maintenant au jeu. Un comparatif un peu facile le placerait plus dans la catégorie de Hitman que de Medal Of Honor, le contexte excepté. Le jeu se joue en effet à la troisième personne et vous verrez donc votre personnage de dos une bonne partie du temps. Une bonne partie, car vous êtes un sniper et la visée rapprochée se fera donc, bien entendu, en vue subjective. Les commandes sont paramétrables mais on les prend très vite en main, grâce en partie à un didacticiel théorique (dans lequel on ne joue pas) mais aussi à leur relative simplicité. On regrettera toutefois que le personnage ne puisse pas sauter, ce qui constitue un réel problème dans le chaos des ruines allemandes.

Graphiquement, on en prend plein la vue dès le début : Berlin en ruines, des flammes partout, une pluie battante qui réduit considérablement la visibilité, la réverbération des lumières et des décors sur le sol détrempé, les avions qui noircissent le ciel et dont certains viennent s’écraser en ville, le théâtre des opérations est de toute beauté et offre véritablement la sensation d’immersion vitale pour un jeu d’infiltration. Seul petit bémol : en début de partie, des panneaux horripilants viennent vous perturber alors que vous tentez de vous immerger pour vous rappeler quelques commandes basiques. Ca casse l’ambiance, il n’y a pas à dire. Mais ils disparaissent assez vite. Bien que vous soyez un sniper et que, la plupart du temps, vous préférerez donc rester caché, un bon fusil longue portée à l’épaule, il vous sera loisible de ramasser des armes sur le champ de bataille, de lancer des grenades…

Pour reconnaître vos ennemis, à moins que vous ne connaissiez par cœur les uniformes de la WW2, un petit indicatif les surplombera (avant que vous ne les plombiez) pour vous dire que ce sont bien des gens à abattre. Mais n’oubliez pas que l’adversaire aussi dispose de snipers et que ceux-ci occupent forcément des positions privilégiées dans les ruines de la cité. Pour vous repérer, deux solutions s’offrent à vous : une boussole où vos objectifs, primaires et secondaires, sont reportés, et une carte, afin de vous choisir un itinéraire de secours. Ce sera bien utile car, si les décors ne sont pas laids du tout, rien ne ressemble plus à une rue délabrée hérissée de barricades qu’une autre rue du même type. Puisqu’il s’agit d’un jeu d’infiltration, ne partez pas la fleur au fusil au devant du danger. Rampez, restez à couvert, contournez et prenez l’avantage.

Le jeu permet, même en solo, des tactiques précises et réalistes. Ainsi, vous vous rappelez sans doute de cette scène dans Full Metal Jacket où un soldat américain est touché, sur la place en ruine d’une ville vietnamienne. Un sniper ennemi canarde tous ceux qui veulent lui porter secours. Ce sera pareil ici. Si vous ne faites que blesser un ennemi en l’immobilisant, celui-ci va rameuter ses frères d’armes et il vous sera donc possible, si vous êtes bien caché, de vous croire à la fête foraine. Cruel, certes. Inhumain, sans doute. Mais c’est la guerre, quoi. Et vous êtes seul contre mille ! D’ailleurs, Stanley Kubrik avait trouvé la parade à cette situation : le sniper était une jeune femme très jolie et les américains de vrais salauds. Un coup de génie. Mais vous, sniper, on ne vous demande que des coups au but. « One shot, one kill ».

L’ambiance sonore du jeu est exemplaire : bombardements, pluie sur le pavé, avions qui survolent la ville (et que l’on peut suivre à la lunette, grisant), cris ennemis… Tout cela est très bien rendu et participe à l’intégration du joueur dans cet élément. Dans les menus, on a droit une nouvelle fois aux grands airs, à la fois pompeux et lyriques, qui mettent en exergue vos sens du devoir, de la responsabilité et du sacrifice pour la nation. Mais bon, disons que c’est de circonstance. En réseau, les décors apocalyptiques et les multiples possibilités tactiques offriront aux amateurs un terrain de jeu parfait pour se fusiller entre amis. Pour terminer, on ne peut dire qu’une chose : si vous êtes fan des jeux d’infiltration et que la deuxième Guerre Mondiale vous inspire encore malgré l’inondation du marché des jeux en ce domaine, précipitez-vous chez votre revendeur pour acheter Sniper Elite.

16 / 20

smiley

 

Les plus Les moins
- Ambiance générale du jeu.
- Sons et graphismes de qualité.
- Possibilités tactiques.
- Politiquement incorrect ?
- Impossible de sauter.
- Encore de la WW2...
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Publié dans game1

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